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La bonne élève en amour : quand vouloir tout réussir finit par fatiguer
Tu prépares tes rendez-vous comme un oral, tu veux être irréprochable, tu donnes plus que ta part. Le perfectionnisme qui t'a si bien servie au travail peut t'épuiser en amour : voici comment passer en mode « assez bien ».
À l'école, tu levais la main. Au travail, on te confie les dossiers difficiles parce que tu les rends à l'heure, impeccables. Tu as appris très tôt une règle qui a toujours marché : si tu travailles bien, tu seras récompensée.
Alors, sans t'en rendre compte, tu as appliqué la même règle à l'amour. Tu prépares tes rendez-vous comme un oral. Tu relis tes messages. Tu veux être la compagne parfaite : drôle, jolie, disponible, compréhensive, jamais pénible. Et tu ne comprends pas pourquoi, malgré tous tes efforts, tu te sens si souvent fatiguée, ou si peu choisie.
Le perfectionnisme est-il de plus en plus répandu ?
Il semble que oui. Deux chercheurs britanniques, Thomas Curran et Andrew Hill, ont rassemblé 164 échantillons totalisant 41 641 étudiants américains, canadiens et britanniques, qui avaient rempli le même questionnaire de perfectionnisme entre 1989 et 2016. Leur analyse, publiée en 2019 dans Psychological Bulletin, montre une hausse régulière des trois formes de perfectionnisme mesurées : les exigences envers soi-même, les exigences envers les autres, et surtout le sentiment que les autres attendent beaucoup de nous.
Cette étude porte sur des étudiants anglo-saxons, pas sur des Françaises de 35 ans. Mais elle décrit bien un air du temps : celui où l'on se sent évaluée en permanence, y compris dans sa vie intime.
À quoi reconnaît-on une « bonne élève » en amour ?
Voici les comportements les plus fréquents. Coche ce qui te ressemble.
| En mode « bonne élève » | Ce que ça coûte |
|---|---|
| Tu prépares tes sujets de conversation avant un rendez-vous | Tu es moins spontanée, moins présente |
| Tu ne montres jamais que tu es fatiguée, triste ou de mauvaise humeur | Il ne connaît qu'une version retouchée de toi |
| Tu en fais plus que lui (organisation, attentions, cadeaux) | Tu ne sais pas ce qu'il ferait de lui-même |
| Tu analyses chaque rendez-vous pour savoir ce que tu as « raté » | Tu vis l'amour comme un examen permanent |
| Tu n'oses rien demander, de peur d'être « trop » | Tes besoins disparaissent de la relation |
Si tu coches trois lignes ou plus, tu as sans doute confondu deux choses : mériter et être aimée. Au travail, on mérite une promotion. En amour, on ne mérite pas d'être choisie : on l'est, ou on ne l'est pas, pour des raisons qui tiennent autant à l'autre qu'à toi. Et c'est là que le perfectionnisme devient un piège, avec un effet secondaire que peu de femmes voient venir.
Pourquoi vouloir être parfaite attire parfois les mauvais hommes ?
C'est l'effet secondaire le plus injuste. Une femme qui fait tout, qui comprend tout, qui ne se plaint jamais, est une femme très confortable pour un homme qui n'a pas envie de s'investir. Il n'a rien à proposer : tu proposes. Rien à organiser : tu organises. Rien à réparer : tu ne dis jamais quand ça ne va pas.
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