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Manque de sommeil et visage : ce que les études montrent, et pourquoi dormir est ton premier soin de beauté
Des chercheurs suédois ont photographié des volontaires après une bonne nuit, puis après des nuits trop courtes, et ont demandé à des inconnus de les juger. Le résultat est sans appel, et il donne une excellente raison d'aller te coucher plus tôt.
Tu le sais d'instinct : après une mauvaise nuit, ton visage n'est pas le même. Les yeux gonflés, le teint gris, cette impression de porter ta fatigue comme un panneau. Ce que tu sais peut-être moins, c'est que des chercheurs l'ont mesuré, très sérieusement, et que les autres le voient aussi, en quelques secondes.
Que fait le manque de sommeil au visage ?
L'équipe de John Axelsson, à l'institut Karolinska de Stockholm, a mené plusieurs expériences sur ce sujet.
Dans une première étude, publiée dans le BMJ en 2010, 23 adultes en bonne santé ont été photographiés deux fois : après une nuit normale de huit heures, puis après une privation de sommeil (une nuit réduite suivie de 31 heures d'éveil). Soixante-cinq observateurs, qui ne savaient rien de l'expérience, ont noté les photos. Verdict : les mêmes visages, privés de sommeil, paraissaient moins en bonne santé, moins séduisants et plus fatigués. Les écarts étaient modestes, mais constants. L'étude, publiée dans un numéro de Noël du BMJ connu pour ses sujets insolites, était petite et la privation sévère. Mais elle a ouvert la voie à d'autres travaux, plus proches de la vie réelle.
Une deuxième étude, dans la revue Sleep en 2013, a cherché à savoir ce qui se voit exactement. Les visages privés de sommeil étaient perçus avec :
- des paupières plus tombantes ;
- des yeux plus rouges et plus gonflés ;
- des cernes plus sombres ;
- une peau plus pâle ;
- plus de ridules ;
- des coins de la bouche plus tombants.
C'était un petit échantillon (dix personnes photographiées, quarante observateurs), mais la liste parle d'elle-même : les yeux, la bouche et la peau, c'est-à-dire exactement les zones qu'on regarde quand on parle à quelqu'un.
Mais ces deux études reposent sur une privation extrême : une nuit blanche, ou presque. Dans la vraie vie, ce sont plutôt deux ou trois nuits trop courtes dans une semaine chargée. Est-ce que ça se voit aussi ? Et est-ce que ça change l'envie qu'ont les autres de venir te parler ?
Deux nuits courtes suffisent-elles ?
C'est la question la plus utile, parce que personne ne reste 31 heures éveillé avant un rendez-vous. En revanche, deux nuits trop courtes dans une semaine chargée, ça arrive à tout le monde.
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