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Féministe et envie d'être séduite : est-ce contradictoire ?
Tu défends l'égalité, et pourtant tu aimes qu'un homme te fasse la cour, t'ouvre la porte, prenne l'initiative. Rien de contradictoire, à une condition : distinguer ce qui te fait plaisir de ce qui te diminue.
Tu as lu les livres, tu as signé les tribunes, tu refuses qu'on te coupe la parole en réunion. Et le samedi soir, tu adores qu'un homme te propose un dîner, choisisse le restaurant, te regarde comme si tu étais la seule femme de la salle. Parfois, une petite voix murmure : « Ce n'est pas un peu incohérent, ça ? »
Non. Mais la question mérite mieux qu'un oui ou un non. Elle mérite qu'on regarde ce que tu aimes vraiment dans la séduction, et ce que tu refuses vraiment dans l'inégalité. Les deux listes se recoupent beaucoup moins qu'on ne le croit.
Que pensent les Françaises de la séduction aujourd'hui ?
Une étude Ifop pour Love Advisor, menée en juillet 2021 auprès de 1 001 femmes, donne une photographie intéressante, presque paradoxale :
| Ce que pensent les Françaises (2021) | Part des femmes |
|---|---|
| Il est normal qu'une femme prenne l'initiative d'un rendez-vous amoureux | 77 % |
| En matière de séduction, préfèrent que ce soit plutôt l'homme qui fasse le premier pas | 90 % |
| Un homme doit ouvrir la porte à une femme quand il entre dans une pièce avec elle | 66 % |
| C'est à l'homme de payer l'addition lors d'un premier rendez-vous | 51 % |
Lis bien les deux premières lignes. Plus des trois quarts des femmes trouvent normal qu'une femme prenne l'initiative (c'était 7 points de moins en 1994). Et pourtant, neuf sur dix préfèrent que l'homme fasse le premier pas. Ce n'est pas une contradiction : c'est la différence entre un droit et un goût. Tu as le droit de faire le premier pas, et tu peux avoir envie qu'il le fasse. Les choses bougent doucement avec les générations : chez les moins de 30 ans, 16 % des femmes préfèrent que ce soit plutôt la femme qui fasse le premier pas, contre 7 % chez les 50 ans et plus. Mais même chez les plus jeunes, la grande majorité aime encore être abordée.
C'est exactement là que se trouve la réponse. Le féminisme, c'est la liberté de choisir ; ce n'est pas l'obligation de tout faire soi-même. Aimer être courtisée, c'est un goût. Accepter d'être dominée, c'est autre chose. Reste à savoir reconnaître, concrètement, la frontière entre les deux.
Peut-on être féministe et aimer la galanterie ?
Oui, si l'on s'entend sur ce qu'on appelle galanterie. Le mot recouvre deux choses très différentes : des attentions qui disent « tu comptes pour moi », et des habitudes de pouvoir qui disent « je décide pour toi ». Voici comment les distinguer.
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